Les Chroniques Techno SOSmonordi

Catégorie : The Evil Within 2

[Test] The Evil Within 2 [PS4, XBO, PC]

Retour de Mikami dans les chaussures confortables mais un peu collantes du Survival-Horror qu’il avait révolutionné quelques années auparavant, The Evil Within (notre test) enfonçait les portes de la perception pour créer de l’angoisse. Un concept sans doute cher à Tango Gameworks qui reprend l’idée dans une suite qui tente de recoller les bouts de l’épisode original en mieux. C’est vite oublier le destin de la créature de Frankenstein.

Sebastian Castellanos est un enquêteur qui sent le cuir jauni et la poudre, jamais rasé de près ni très loquace, bref, le type même de l’enquêteur maudit à qui il arrive des bricoles. Ici, pas de deals mal gérés, de descente des stups négociée, mais une plongée traumatisante dans les travers d’un univers virtuel dérangé. Ce bon Seb est trop vieux pour ces conneries, c’est évident, sauf quand il est question de sa propre fille. Enlevée par l’organisation déjà responsable des événements du premier épisode, Lily est à la fois le cœur du STEM et la proie de plusieurs personnages avides de pouvoir. Balancé dans la ville fictive d’Union, nouvelle bourgade générée par la machine, sans qu’on lui demande plus que ça son avis, Sebastian va se heurter encore aux délires macabres d’un tueur maniéré.

Artiste aux goûts discutables qui pourrait sans nul doute devenir la coqueluche de vernissages parisiens concernés, il teinte cet univers de sa folie créatrice. Les cadavres démembrés côtoient les carrées de glaïeuls dans les pelouses, mais chaque zone modifiée par ce bad-guy photographe prend des allures d’installation sauvage, à la fois glauque et fascinante. Bien plus proches des expérimentations visuelles de Ninja Theory que des choix esthétiques de son prédécesseur, les environnements piochent dans les délires de Beksinski, les griffures de Bacon, bourrés de reliquats suintants et d’une sobriété dérangeante parce que paradoxale. Chaos et beauté glacée se triturent pour donner de cet échange contre-nature un monde conforme à ce que peuvent être les fulgurances d’un esprit malade, sans se complaire dans la seule horreur. Une belle réussite de Keita Sakai, qui est l’une des principales ancres d’un jeu accrocheur avant tout sur son immersion et ses cassures de rythme.

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