[caption id="attachment_50092636" align="aligncenter" width="1200"] Crédits : Bertrand LE PLUARD[/caption] Le groupe Renault a profité du Mondial de l’Automobile pour dévoiler EZ-Ultimo, sa nouvelle solution de mobilité autonome et électrique. Un véhicule qui rejoint le EZ-GO et le EZ-PRO afin de former une gamme variée, capable de répondre à tout type de clients. L’EZ-Ultimo se démarque par son design particulièrement inspiré et des teintes noires, vertes et champagne lui conférant un aspect luxueux. Elle est 100% électrique et autonome de niveau 4, c’est-à-dire qu’elle est capable de parcourir des petits trajets seule, venir chercher son passager ou encore se garer sans conducteur. [caption id="attachment_50092637" align="aligncenter" width="1200"] Crédits : Bertrand LE PLUARD[/caption] Elle est capable d’emmener trois personnes dans son habitacle, qui ne dispose d’aucun poste de conduite. Les passagers peuvent pénétrer à l’intérieur d’une large porte latérale qui ouvre sur un intérieur raffiné doté de sièges sur glissière pivotant : canapé en cuir, cadre en bois, marbre, etc… L’EZ-Ultimo lorgne clairement sur une clientèle huppée. [caption id="attachment_50092635" align="aligncenter" width="1200"] Crédits : Bertrand LE PLUARD[/caption] Laurens van den Acker, SVP Corporate Design, explique pourtant que la firme aimerait démocratiser son usage à un grand nombre. On l’a voit cependant mal dire le contraire.

« Inspiré par l’architecture contemporaine, et complètement intégré dans les futures villes intelligentes, EZ-ULTIMO offrira une expérience exclusive accessible à tous. Avec des voitures autonomes, électriques et connectées, nous entrons dans un nouveau cycle passionnant pour le design automobile »

[caption id="attachment_50092639" align="aligncenter" width="1200"] Crédits : Bertrand LE PLUARD[/caption] Les batteries à induction qui la font fonctionner se situent sous le plancher en bois. Elles alimentent également des socles de recharge pour les smartphones, qui peuvent également profiter d’une connexion Wi-Fi constante. Les vitres sont quant à elles recouvertes de facettes qui empêchent d’être vu.

“Le concept Renault EZ-ULTIMO incarne cette nouvelle ère et offre une expérience premium unique à bord d’un robot-véhicule qui peut être personnalisable en fonction du fournisseur de services.”

[caption id="attachment_50092640" align="aligncenter" width="1200"] Crédits : Bertrand LE PLUARD[/caption] Disponible à la demande, pour un seul voyage, une heure ou une journée, EZ-Ultimo pourrait être l’allié idéal du tourisme haut de gamme, notamment des grands hôtels. Le véhicule pourrait par exemple attendre ses clients à la sortie d’une gare ou d’un aéroport. Il disposerait évidemment d’une application permettant de planifier son voyage. Renault aimerait voir ses machines rouler à l’horizon 2030.

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Renault ne veut pas manquer le virage de la voiture autonome. Et veut faire savoir à ses clients que c’est un sujet de premier ordre pour l’avenir de la société française. C’est ce qui explique pourquoi le constructeur avait invité la presse à la fin de l’année dernière pour prendre le volant de son premier prototype – Symbioz – et dévoilé en mars dernier EZ-Go, son concept car imaginant ce que pourrait être le taxi/Uber de 2030. Après la voiture grand public et les transports en commun, Renault s’attaque à une nouvelle problématique : le transport de marchandises auprès du client final. Autrement dit, ce que pourrait être le fourgon du futur. Pour Renault, ce fourgon du futur sera électrique, connecté, autonome et partagé. Des buzzwords tout ce qu’il y a de plus classiques quand on aborde la voiture autonome des années 2020, mais qui prennent toutefois vraiment du sens lorsqu’ils sont expliqués par Renault.

Le fourgon professionnel de 2030

Soyons concret, qu’est-ce que le EZ Pro ? C’est une plateforme dotée de quatre roues, Renault les appelle RoboPod, électrique et autonome, sur laquelle est posé un container. Renault a imaginé trois types de containers : un de grand volume (12 m³), un autre contenant de multiples casiers et un dernier qui pourrait se transformer en boutique éphémère. L’idée, c’est que les entreprises utilisent la base à quatre-roues pour mettre des containers différents en fonction de leur besoin. Un artisan pourrait utiliser tout aussi bien le grand volume pour y ranger ses outils et escabeaux tandis qu’Amazon utiliserait celui avec des casiers pour livrer les colis de ses clients. Si les RoboPods sont autonomes et savent à l’avance où ils doivent se rendre pour effectuer leur livraison, ils sont toutefois encore sous la surveillance d’un humain. Attention, on ne parle pas ici d’un bête livreur, mais d’un « concierge ». Ce dernier dispose en effet d’une interface qui lui permet de garder en permanence un oeil à ses quatre RoboPods en vadrouille, mais il a aussi pour rôle de livrer les colis en main propre quand il s’agit de cargaison de valeur ou de les monter dans les étages. C’est à la fois un livreur, un technicien, un surveillant voire un vendeur quand le RoboPod embarque une boutique.

Un design futuriste remarquable

Le plus remarquable sur ce EZ Pro est sans conteste son design. Avec ses roues enchâssées dans un cube, ses lignes résolument futuristes (qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’esthétique de Cyberpunk 2077) ou sa carrosserie métallisée, il possède tous les attributs de ce que l’on peut attendre d’un véhicule du futur. Est-ce que ses roues, particulièrement basses, passeront les pavés parisiens de la rue des Champs Élysée ? J’en doute. Mais il s’agit là avant tout d’un concept car, et les designers de Renault ont eu le champ libre pour se faire plaisir. Et ça se voit. Il ne faut en effet pas oublier que EZ Pro a été imaginée comme le fourgon que l’on devrait voir dans nos rues en 2030. D’ici là, Renault pense que ce type de véhicule aura une autonomie de 300 km environ et pourra être rechargé très rapidement grâce à des bornes de recharge par induction. Ce n’est que dans 12 ans, finalement, et je dois bien admettre que je suis assez pressé de voir ça de mes propres yeux. [gallery link="file" ids="50089854,50089853,50089852,50089851,50089850,50089849,50089848,50089847,50089846,50089845,50089844,50089843,50089842,50089841,50089840,50089839"]

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Si Symbioz vous dit quelque chose, c’est normal, Renault a déjà communiqué sur ce projet en septembre dernier. Lors du salon de Francfort, la marque française avait en effet dévoilé un concept-car ambitieux, qui imaginait à quoi pourrait ressembler la voiture de 2030 et comment elle serait connectée à la maison. Renault avait alors annoncé qu’il fabriquerait un modèle de Symbioz qui roulerait réellement sur les routes françaises de façon autonome avant la fin de l’année. Le pari a été tenu puisque nous avons pu monter à bord et surtout essayer pour la première fois ce véhicule impressionnant sur bien des aspects.

Depuis le début de l’année, Renault veut faire passer un message fort : non, la voiture autonome n’est pas le domaine réservé de Tesla ou de quelques marques allemandes. Et plutôt que de simplement promettre des voitures autonomes pour dans 10 ou 15 ans, en montrant uniquement de jolis concept-cars qui ne verront jamais le bitume, Renault a mis en place le projet Symbioz. Celui-ci a pour but d’imaginer à quoi pourrait ressembler la voiture du futur, dans 5 ou 10 ans. Pour être vraiment concret, Renault a demandé à ses ingénieurs de concevoir un prototype fonctionnel, le plus proche possible d’une voiture de série, dès maintenant. Il l’a montré la semaine dernière à la presse et c’est à cette occasion que nous avons pu monter dans la démo-car Symbioz, la première voiture autonome de niveau 4 de la marque.

• Lire aussi : Automobile : On est monté dans l’un des premiers véhicules autonomes de Renault

Un prototype à l’allure discrète

Pour parvenir à faire du concept-car de septembre une véritable voiture capable de circuler sur nos routes de 2017, Renault a légèrement revu les dimensions de son concept-car à la baisse. La démo-car Symbioz reste toutefois un grand véhicule, avec ses 4,92 m de long et ses 1,92 m de large. Cette voiture entièrement électrique est propulsée par deux moteurs situés à l’avant et à l’arrière (de 500 et 360 kW), elle est dotée de quatre roues électriques et peut monter de 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes.

La Symbioz reste un véhicule imposant.

Quand bien même la demo-car n’est encore qu’un prototype, l’extérieur de la voiture cache très bien son jeu. Les 35 différents capteurs, caméras et LIDAR qui équipent la voiture sont pratiquement invisibles à l’oeil nu. Ils sont tous parfaitement cachés ou intégrés à la carrosserie. C’est tout juste si l’on remarque que les rétroviseurs ont été remplacés par des caméras grand-angles agréées (avec deux écrans situés dans le cockpit de la voiture) ou qu’une caméra se trouve sur le pare-brise. Pour le néophyte, il est très difficile de remarquer que cette voiture est un prototype de voiture autonome.

Vue de l’extérieur, la Symbioz n’est pas bardée de capteurs. Elle est plus proche de la voiture de série que du prototype mal dégrossi.

• Lire aussi : Dossier Voiture autonome : le conducteur, une espèce en voie de disparition ?

Une « expérience de conduite autonome » plus qu’un simple véhicule autonome

Voiture électrique associée à un grand gabarit oblige, l’intérieur de la Symbioz est très spacieux. Si elle comporte bien quatre sièges, ce sont surtout le conducteur et le passager avant qui bénéficient le plus de cet espace. Ces derniers peuvent en effet s’étendre en longueur lorsque la voiture est en mode autonome. L’objectif de Renault n’était d’ailleurs pas tant de monter une simple voiture autonome que de démontrer qu’il s’intéressait déjà à la façon d’occuper et de s’occuper des passagers lorsque la voiture roule sans l’assistance du conducteur.

Pour ce faire Renault, s’est associé avec des partenaires. Ces derniers savent en effet mieux que le constructeur comment concevoir un tableau de bord avec de grands écrans (c’est le rôle de LG avec un tableau de bord composé uniquement d’écrans P-OLED), comment intégrer le mieux possible des enceintes de qualité (Devialet s’est occupé de la sonorisation du véhicule) ou encore comment distraire le passager lorsque la voiture est en mode autonome (Ubisoft a mis au point une petite expérience de réalité virtuelle).

Il reste des boutons physiques sur le tableau de bord. Certains sont obligatoires (les warnings, le dégivrage) et d’autres sont destinés à simplifier la vie (le contrôle des sièges).

Un mot sur le tableau de bord de cette voiture. Il est composé de trois écrans Plastic OLED de LG, de 12,3 pouces de diagonale et de définition Full HD. Ce ne sont d’ailleurs pas de simples écrans Amoled, ce sont des écrans capables de supporter une très forte plage de température (allant de – 30 à 120 degrés Celsius). Ces écrans sont animés par une version modifiée de Linux par les ingénieurs de Renault. Ce n’est pas pour rien que l’on retrouve trois bureaux différents sur lesquels on peut intégrer des widgets ou des applications préinstallées. Il y aurait beaucoup à dire sur ces écrans, tant ils regorgent de bonnes idées et de technologie. On en retiendra une : quand le conducteur est allongé, en mode autonome, il n’a pas besoin de se plier pour contrôler l’écran, mais passe tout simplement par une application installée sur son téléphone. Bien vu.

Le tableau de bord tourne sous une version modifiée de Linux.

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L’industrie automobile est en train de vivre sa plus grande révolution depuis son apparition à la fin du 19e siècle, quand on considérait encore le cheval comme la norme. Cette révolution a démarré doucement avec ce qu’on appelle les “aides à la conduite”, pour s’accélérer brusquement jusqu’à la voiture autonome. Un concept qui va bouleverser l’industrie du déplacement motorisé telle qu’on la connaît et offrir une réponse aux limites du gain de temps, à l’accroissement du trafic et à l’augmentation de la pollution. Rien que ça !

Mais comment se profile cet avenir de l’automobile ? Où en sommes-nous actuellement et comment les déplacements du futur se dessinent ? Une partie de la réponse se trouve entre les lignes de ce dossier.

Un futur déjà bien présent

Quand on y pense deux minutes, notre GPS nous indique l’itinéraire en temps réel que l’on suit souvent sans se poser de question. Les boîtes séquentielles à double embrayage (certes fragiles) passent mieux les vitesses que nous. Notre voiture de tous les jours gère les distances de sécurité, les franchissements de ligne, la lecture des panneaux, des caméras permettent de voir à 360° et certains modèles sont même dotés de caméras thermiques capables d’anticiper un danger dans la nuit. Le régulateur de vitesse nous affranchit de toucher constamment aux pédales, les feux et les essuie-glaces s’allument automatiquement et on n’a même plus besoin d’effectuer un créneau pour se garer. En poussant plus loin, certains modèles comme le Volvo XC90 ou les Tesla demandent simplement à poser les mains sur le volant uniquement pour… la sécurité et effectuent le trajet seules !

Quelque part, nous y sommes déjà dans la voiture autonome. Sauf que cette autonomie est encore limitée et exige notre attention. La logique est donc de pousser ce concept plus loin, ce que les constructeurs se sont mis à faire depuis quelques années déjà.

Démonstration du self-driving mode de Tesla

Ce tournant industriel s’annonce important et, qu’ils y croient ou non, tous les constructeurs se sont lancés, soit pour être les pionniers dans le domaine, soit tout simplement pour ne pas se retrouver en queue de peloton lorsque ça explosera. Conséquence, au dernier Salon de Francfort, qui se tenait au mois de septembre dernier, chaque groupe avait au moins un prototype de véhicule autonome à présenter. Notons également qu’Audi, Mercedes et BMW proposent déjà une option “conduite autonome”sur certains modèles et Renault prévoit de proposer 15 véhicules autonomes d’ici 2022 !

Alors forcément, dans ce monde de transports automatisés et indépendants on pense assez rapidement à la notion de service. Dans la mesure où nous ne conduisons plus, pourquoi payer pour un objet alors que seule l’action du déplacement nous intéresse ? D’ailleurs, le marché de la LLD (location longue durée) pour le secteur automobile est en nette progression depuis 2014. Cette idée de service offrira une alternative aux transports en commun qui n’existent bien souvent que dans les grandes métropoles et aux taxis.

Volant, compteur et pédalier rétractables, tableau de bord quasi inexistant la conduite s’efface lorsque le mode autonome est activé – via netcarshow

Le Renault Symbioz n’est pas une voiture, mais un salon roulant : un vrai petit nid douillet mobile

Une opération de navette autonome a d’ailleurs déjà été présentée lundi 2 octobre 2017 : le Rouen Normandy Autonomous Lab est la première tentative française de transport urbain d’humains à bord d’une voiture autonome, avec pour projet une mise en route du service pour le printemps 2018.

De Nouveaux Acteurs Industriels

Auparavant, les différents acteurs de l’industrie automobile n’étaient que des constructeurs de châssis et de moteur. Avec l’usage, de nouveaux besoins se sont fait sentir ce qui a engendré l’apparition d’équipementiers et de prestataires (Valeo et Bosh par exemple). C’est ce qui fait que l’on a des essuie-glaces, des freins, la climatisation, etc.

Qui dit véhicule autonome dit réseaux, logiciels, algorithmes, programmation, service virtuel, des notions que ne maîtrisent pas du tout les constructeurs automobiles. Afin de ne pas investir trop d’argent pour atteindre un niveau inférieur aux spécialistes du domaine, les groupes automobiles se sont associés à des géants de la High Tech comme le moteur de recherche chinois Baidu, Huawei, Apple, Google, Amazon, Ericsson, Orange, autant de noms qui nous parlent à nous, geeks, mais également au grand public puisqu’on les trouve sur le marché de grande consommation.

Ce graphique provient d’un livre blanc réalisé par la société GreyB.

Nous sommes clairement face à une révolution industrielle tant d’un point de vue hardware (le véhicule, les capteurs, les infrastructures) que software (logiciel de gestion, embarqué, de communication, etc.). Un marché juteux qui motive aussi bien les industriels que certains états qui comptent bien en profiter pour accélérer leur croissance.
La Chine, par exemple, avait annoncé en 2016 qu’elle investirait 13,5 milliards d’euros dans l’intelligence artificielle au cours des 3 prochaines années. Compte tenu des investissements de Huawei et Baidu dans le domaine, cette annonce semble tenue.

Baidu expérimente une BMW transformée en véhicule autonome

À ces entreprises spécialisées en réseaux et communication s’ajoutent d’autres entreprises dites “de services”, comme Lyft et Uber. Des entreprises qui misent sur ce nouveau marché, qui sont pressées de voir débarquer ces engins mobiles sans conducteur et dont l’apport dans le développement du véhicule autonome est double : ils contribuent au financement, mais aussi à la démocratisation des technologies auprès du grand public.

Essais d’une troupe de 4 véhicules autonomes par Uber.

Une démocratisation nécessaire pour deux raisons. Premièrement, car le véhicule autonome est une énigme juridique qu’il faut résoudre rapidement et deuxièmement, car le grand public, source principale de revenus futurs est pour le moment très fébrile quant à l’usage de tels véhicules.

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