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Catégorie : PC

[Test] Narcosis – Au fond des eaux, pas déso [PC]

Pas facile d’être un jeu étudiant balancé dans le grand bain de la production de jeux vidéo. Pas facile de faire dans l’horreur sous-marine quand SOMA est déjà passé par là deux ans plus tôt. Pas facile de faire dans la réalité virtuelle quand une production bien plus grande, en l’occurrence Resident Evil 7, en est devenue l’ambassadrice officielle. C’est pourtant le pari assez ambitieux que s’est lancé le studio Honor Code, avec Narcosis, une aventure narrative et inquiétante se déroulant au fond de l’océan, démarrée comme projet étudiant à l’ENJMIN, il y a maintenant 6 ans.

Après un violent tremblement de terre qui a détruit l’intégralité des infrastructures de forage sous-marin dans lesquelles il travaillait, le personnage que l’on incarne se retrouve dans une situation critique. Cloisonné dans son lourd scaphandre et avec des réserves en oxygène limitées, le voici lancé dans une recherche un peu désespérée d’un moyen de remonter à la surface. Vivant de préférence.

Narcosis partage ainsi deux points communs avec ADR1FT, le premier étant les déplacements lents dans un environnement hostile (il s’agissait du vide spatial dans ADR1FT) et le second, l’impérieuse nécessité de trouver régulièrement de l’oxygène. Mais nous sommes bien dans un survival horror et les plus grands dangers ne sont pas forcément là où on le pense. En effet, il faudra ménager le petit cœur de votre personnage. S’il voit un cadavre, ou une hallucination, son rythme cardiaque va augmenter, ainsi que sa consommation en oxygène. Et alors quand c’est la grosse panique, ça peut aller vraiment très vite. Un cadavre dont on serait obligé d’observer trop longtemps le regard vitreux pour récupérer sa bouteille d’oxygène ou une carte de sécurité par exemple, ça peut être un dixième de votre bouteille qui s’évapore d’un seul coup.

Le jeu vous mettra d’ailleurs dans des situations parfois inextricables de stress liées à la fébrilité psychologique du protagoniste. Des situations où la disposition des pièces change dès que vous leur tournez le dos. Des séquences dans lesquelles des scaphandres fantomatiques semblent vous encercler dans un ascenseur dont la porte aurait disparu aussitôt entré à l’intérieur. Dans ces cas-là, dans la mesure du possible, il faudra regarder vos pieds, ou un mur, ou le plafond, bref, quelque chose qui vous permette de vous calmer et de ne pas manquer d’air deux minutes plus tard.

[Test] Wonder Boy : The Dragon’s Trap – Adopte un remake

La licence Wonder Boy est au centre de toutes les attentions ces derniers temps. Sur le devant de la scène on peut citer Monster Boy and the Cursed Kingdom, une suite spirituelle à la saga portée par le studio Game Atelier, et Wonder Boy : The Dragon’s Trap, un vrai remake de Wonder Boy III: The Dragon’s Trap, le jeu de Westone et Sega, sorti en 1989 sur Master System et Game Gear, géré lui par le studio Lizardcube. C’est ce dernier qui sort aujourd’hui sur Xbox One, PS4 et Switch et qui a attiré notre attention dans le cadre de ce test.

Alors que le héros (ou l’héroïne, c’est au choix) est sur le point d’occire le Mecha-dragon, un dragon robotique, ce dernier dans son dernier souffle lance un maléfice au protagoniste de notre histoire. Le voici transformé en Lizard-man, créature mi-humaine, mi-salamandre, incapable d’user de son équipement, mais avec la capacité de cracher des boules de feu, alors que le château dans lequel il se trouvait s’effondre. Sain et sauf, Lizard-man entame une quête parsemée d’embûche dans laquelle il cherchera à se débarrasser de sa condition. Pas de chance, pour redevenir humain, il devra passer par bien d’autres formes bestiales aux capacités diverses, en l’occurrence celles de Mouse-man, Piranha-man, Lion-man et Hawk-Man.

Nous sommes dans un jeu de plateforme-action avec des éléments légers de RPG et un espace de jeu pouvant rappeler un Metroid. Au moment de lancer une partie, le seul constat pouvant être fait est le suivant : le jeu parait sublime et la musique magnifique. La direction artistique de Wonder Boy : The Dragon’s Trap est tellement belle et travaillée qu’elle vous saute au visage. À partir des décors monotones et abstraits du jeu original, les équipes de Lizardcube ont créé de véritables petits univers aussi détaillés que dans une bande dessinée. Le choix d’un style se rapprochant plus du franco-belge que du japonisant est une riche idée et le jeu parvient à mêler un charme très fort avec une lisibilité sans faille. Grâce à un line art intelligemment géré, The Dragon’s Trap est limpide. On sépare mentalement avec une aisance rare les éléments avec lesquels on pourra interagir de ceux qui relèvent du décor uniquement.

Les animations ne sont pas en reste. Tout est fluide, détaillé et le moindre mouvement de chaque personnage est constitué du grand nombre d’images pour le plus grand confort des yeux. Gadget super chouette, il est possible d’une simple pression de gâchette de revenir instantanément au jeu original. L’occasion de contempler pleinement le travail incroyable qui a été fait. Il est également possible de passer de la bande-son originale, en 8-bit, à la version acoustique à base de violons, de contrebasses, de flûtiaux et autres instruments virevoltants.