Les Chroniques Techno SOSmonordi

Catégorie : Cinema

[Notre sélection] Les films de braquage qu’il faut absolument avoir vus

Après avoir récemment évoqué les meilleurs films de gangsters, cette sélection se focalise sur une de leurs activités préférées : le braquage. Restez à terre, allumez votre écran et tout ira bien.

Les films liés au gangstérisme ou à l’activité carcérale sont si nombreux qu’il est bien difficile de les classer. Tout comme l’évasion, le braquage s’est taillé une place à part dans le septième art, en devenant un sous-genre particulièrement apprécié. Mêlant action et réflexion, ces longs-métrages se sont bien souvent inspiré des méthodes réelles employées par les criminels, avant que ces derniers ne s’inspirent de la production cinématographique dans la vie !

Comme souvent, l’engouement autour de ce genre de films a conduit à une multiplication des productions opportunistes et de qualité variable. Voici donc une petite liste des films qu’il faut avoir vus pour réussir (ou non !) le braquage parfait.

Heat

Il avait bien sûr sa place dans notre sélection de gangsters, mais Heat a tout de même sérieusement révolutionné la vision du braquage au cinéma. Ce film, considéré comme le plus culte de Michael Mann, est en fait le remake du téléfilm L.A Takedown qu’il a lui-même réalisé. Robert de Niro excelle en chef d’une bande de braqueurs intrépide tandis qu’Al Pacino est mémorable en enquêteur chevronné.

Ces deux géants se font face dans un film au rythme impeccable, solidement épaulés par Val Kilmer, Kevin Gage ou encore Jon Voight. Grâce à l’expertise de véritables agents des forces spéciales, Mann donne à ses scènes un punch phénoménal, sans pour autant délaisser l’écriture des personnages. Il a de ce fait très bien vieilli et ne souffre d’aucunes longueurs. Un tour de force pour ce film de presque trois heures.

Inside Man

Dernier grand film de Spike Lee, Inside Man a réussi à redonner ses lettres de noblesse à un genre vieillissant. Basé sur une intrigue particulièrement retorse, le long-métrage offre une place de choix à une brochette de star composée de Denzel Washington, Clive Owen et Jodie Foster.

Il propose une plongée dans la tête de braqueurs très organisés, en quête du hold-up parfait. En habillant chaque otage de la même manière qu’eux, ils brouillent les pistes de la police qui ne sait plus où donner de la tête.

Alors que le capitaine de la police décide d’encercler la banque, il comprend peu à peu que les commanditaires ne sont pas venus chercher de l’argent. En résulte un film de genre réjouissant, dans la plus pure tradition hollywoodienne (la bonne, rassurez-vous).

Ils font l’animation japonaise : sept réalisateurs ou auteurs qu’il faut absolument surveiller

L’animation japonaise reste un sujet confidentiel pour le béotien curieux. Cependant, de timides tentatives arrivent chez nous, portées par le distributeur Eurozoom qui doit essuyer les craintes des salles quand le film n’est pas issu du studio Ghibli. Certaines portent leurs fruits, encore plus ne vont nulle part, mais l’offre grandit et accompagne des canaux de diffusions légaux toujours plus complet pour les séries. En France comme partout ailleurs apparaît une nouvelle donne d’acteurs clés dans le milieu. Morceaux choisis de ceux qui font et feront l’actualité, de la partie émergée de l’iceberg.

L’as de coeur : Mamoru Hosoda

C’est le plus sensible de cette sélection. Toujours taxé de « nouveau Miyazaki » quand il sort un nouveau film tous les trois ans, à une cadence de métronome. Né en 1967, extrêmement proche de ses cinquante ans, il arbore un CV impressionnant. D’abord engagé dans le studio Toei Animation, il passe à Madhouse en 2005, pour le quitter six ans plus tard et créer sa propre boîte, Chizu.

Hosoda Mamoru. Crédit image : Dick Thomas Johnson

Hosoda est peut-être celui dont le travail se reconnaît le plus, car son amour des canevas se voit sur tous les aspects de son oeuvre, qu’ils soient techniques ou scénaristiques. Avant de se lancer dans ses longs-métrages, il travaille son style en faisant des missions ponctuelles, dont un épisode de Digimon qui nivelle toute la série par le haut. Sa patte graphique est très personnelle : sa manière de dessiner les visages, les corps, les membres, les expressions, est unique.

Il aborde en permanence les mêmes sujets : les matrices, les univers virtuels, la famille, la dualité. Piochez deux ou trois de ces thèmes, et vous avez un film Mamoru Hosoda. Toujours la famille, dans sa globalité (Summer Wars), la paternité vue par une mère célibataire (Les Enfants-Loups) puis la filiation et l’adoption par une bête patibulaire (Le Garçon et la Bête). Son prochain projet ne déroge pas à la règle : Mirai, ou « Futur », évoquera les relations en fratrie. Mieux, il escamote ses obsessions de manière logique, comme des dominos, rendant ses prochains scripts étrangement prévisibles.

Le Garçon et la Bête

Même en narratologie, l’homme est un habitué des films en deux actes, construits de la même manière. Mais qu’importe, les postulats sont variés, pour peu qu’on aime une touche de science-fiction et de folklore local. Dans La Traversée du Temps, une fille fait joujou avec ses nouveaux pouvoirs temporels. Les Enfants Loups parle de transformations et de yokai, bestiaire folklorique japonais. Dans Summers Wars, une réunion de famille tourne à la mission-sauvetage du monde d’un missile nucléaire, sous fond de premiers émois adolescents. Hosoda puise dans son imaginaire pour parler d’âges variés, à des publics variés, toujours avec une sincérité et une chaleur qui mettent le spectateur en émoi. Il y a toujours un personnage qui fond en grosses larmes dans ses films, et il est difficile de ne pas les imiter.

Il aime : Les grosses larmes réalistes, les motifs, les histoires de famille.
On vous conseille : La Traversée du Temps. Summer Wars. Les Enfants-Loups. Le Garçon Et La Bête. Oui, tout ça !

Le modeste : Makoto Shinkai

Makoto Shinkai… est un grand timide. Chaque interview de l’homme vous le fera comprendre, et son immense succès l’année dernière avec Your Name donne l’impression d’un artiste ayant vu son dernier bébé exploser et ne sachant plus où se mettre. Son prochain travail sera scruté de trop près pour de si frêles épaules.

Ça ne veut pas dire qu’il ne mérite pas cette attention. Le jeune – né en 1973 – Makoto Shinkai a commencé sa carrière de réalisateur en prenant le rôle d’homme orchestre de Voices of a Distant Star. C’est approximatif, pas très beau, mais l’oeuvre d’une seule personne. Au fil du temps, le style du petit génie s’affirme. Il monte en popularité à vitesse exponentielle avec 5 Centimètres par Seconde, Voyage vers Agartha et Garden Of Words avant le grand final de décembre dernier. Dans tous ces films, des constantes formelles et scénaristiques. Son oeuvre fait travailler les glandes lacrymales et est fortement inspirée par ses souffrances personnelles.

The Garden of Words

Elle évoque frontalement le deuil, la séparation, les maux qui en découlent. 5 centimètres… est si frontal sur le sujet que le regarder au mauvais moment peut être un tour de force. Your Name (le film d’animation japonais le plus lucratif au monde) joue un peu avec cet horizon d’attente. Dans chacun de ses films, Shinkai livre une performance de photoréalisme à couper le souffle dans ses décors. Plan de Shinkai ? Véritable photographie ? On ne sait pas toujours. Il n’aime pas ça, mais le meilleur candidat pour devenir LA prochaine référence mondiale en termes d’animation, c’est sans doute lui. Il n’y a pas plus prometteur et travailleur dans ce milieu que Makoto Shinkai.

Il aime : Les décors photo-réalistes. Les histoires d’amour qui font pleurer.
On vous recommande : Your Name, 5 Centimètres par seconde.

Le doux dingue : Maasaki Yuasa

C’est le challenger, le nouveau venu, celui pour lequel le succès d’estime est inversement proportionnel à son succès commercial. C’est à se demander si son dernier bébé, Lou et l’île aux sirènes, n’aurait pas eu une plus grande audience au festival d’Annecy que pour son box-office français. Yuasa a d’ailleurs reçu son prix tandis que son film dégringolait chez lui. C’est regrettable, car il est simple de comprendre ce que le jury d’Annecy y a vu : de superbes techniques d’animation qui injectent un peu d’Occident – dont du Tex Avery – dans un mélange sous acide, en perpétuelle invention.

Lou, de son propre aveu, est un film aussi grand public que possible. Ce film en flash aborde tout de même des thématiques universelles, au service d’une histoire claire et de personnages auxquels on peut s’identifier. Un délire trippy, mais faisant du bien à l’âme avec cette énergie débordante et ces bons sentiments.

Pour ses fans, Maasaki Yuasa, c’est un dingue. Une sorte de scientifique de l’animation, qui ne se donne aucune limite – l’exemple le plus probant est son film Mind Games, qui parle d’animation en la tortillant autant que possible. Avec Ping Pong, il garde sa patte formelle pour parler de la jeunesse japonaise et de son désoeuvrement, sans sacrifier le sujet du titre. Et on le retrouvera l’année prochaine sur Netflix avec Devilman Crybaby. La France le boude encore, mais il n’a plus rien à prouver, en témoignent ses propres œuvres et de nombreux passages dans des séries collectives, dont Space Dandy et Adventure Time !

Il aime : Le grand n’importe quoi maîtrisé, les expressions et mouvements improbables, jouer avec son spectateur.
On vous recommande : Mindgame, The Tatami Galaxy, Lou.

La jeune prodige de la TV : Naoko Yamada

Cette sélection est bien trop masculine, mais heureusement, voici une artiste qui pourrait bien faire parler d’elle à l’avenir. Naoko Yamada, bientôt 33 ans, est une étoile montante issue du monde de la télévision.

Nourrie dans la culture manga dès le plus jeune âge, étudiante à l’université de Kyoto, elle rejoint Kyoto Animation, un studio particulièrement prolifique. Elle y gagne des échelons, et glane des responsabilités sur un genre bien précis : le « tranche de vie », où l’on ne raconte pas grand-chose, mais en y mettant les formes. Elle dirige la série K-On, puis Tamako Market, deux succès d’estime. Elle deviendra la réalisatrice d’A Silent Voice – un film adaptant un manga très émouvant sur une lycéenne sourde-muette.

A Silent Voice

Ce dernier est lui-même dessiné par Yoshitoki Ōima, une mangaka encore plus jeune. Ces adaptations sont fidèles, carrées, et rencontrent un succès tangible ou, au minimum, provoquent encore des discussions de passionnés dix ans plus tard. Qu’en déduire ? Que Naoko Yamada a beaucoup de talent pour adapter une histoire et la sublimer sur le grand écran. Pour leur donner une épaisseur sans jamais les trahir. Plus qu’à attendre une création maison pour connaître un peu mieux son univers.

Elle aime : Les tranches de vie, dessiner des jambes
On vous recommande : A Silent Voice