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Catégorie : automobile

Dossier Voiture autonome : le conducteur, une espèce en voie de disparition ?

L’industrie automobile est en train de vivre sa plus grande révolution depuis son apparition à la fin du 19e siècle, quand on considérait encore le cheval comme la norme. Cette révolution a démarré doucement avec ce qu’on appelle les “aides à la conduite”, pour s’accélérer brusquement jusqu’à la voiture autonome. Un concept qui va bouleverser l’industrie du déplacement motorisé telle qu’on la connaît et offrir une réponse aux limites du gain de temps, à l’accroissement du trafic et à l’augmentation de la pollution. Rien que ça !

Mais comment se profile cet avenir de l’automobile ? Où en sommes-nous actuellement et comment les déplacements du futur se dessinent ? Une partie de la réponse se trouve entre les lignes de ce dossier.

Un futur déjà bien présent

Quand on y pense deux minutes, notre GPS nous indique l’itinéraire en temps réel que l’on suit souvent sans se poser de question. Les boîtes séquentielles à double embrayage (certes fragiles) passent mieux les vitesses que nous. Notre voiture de tous les jours gère les distances de sécurité, les franchissements de ligne, la lecture des panneaux, des caméras permettent de voir à 360° et certains modèles sont même dotés de caméras thermiques capables d’anticiper un danger dans la nuit. Le régulateur de vitesse nous affranchit de toucher constamment aux pédales, les feux et les essuie-glaces s’allument automatiquement et on n’a même plus besoin d’effectuer un créneau pour se garer. En poussant plus loin, certains modèles comme le Volvo XC90 ou les Tesla demandent simplement à poser les mains sur le volant uniquement pour… la sécurité et effectuent le trajet seules !

Quelque part, nous y sommes déjà dans la voiture autonome. Sauf que cette autonomie est encore limitée et exige notre attention. La logique est donc de pousser ce concept plus loin, ce que les constructeurs se sont mis à faire depuis quelques années déjà.

Démonstration du self-driving mode de Tesla

Ce tournant industriel s’annonce important et, qu’ils y croient ou non, tous les constructeurs se sont lancés, soit pour être les pionniers dans le domaine, soit tout simplement pour ne pas se retrouver en queue de peloton lorsque ça explosera. Conséquence, au dernier Salon de Francfort, qui se tenait au mois de septembre dernier, chaque groupe avait au moins un prototype de véhicule autonome à présenter. Notons également qu’Audi, Mercedes et BMW proposent déjà une option “conduite autonome”sur certains modèles et Renault prévoit de proposer 15 véhicules autonomes d’ici 2022 !

Alors forcément, dans ce monde de transports automatisés et indépendants on pense assez rapidement à la notion de service. Dans la mesure où nous ne conduisons plus, pourquoi payer pour un objet alors que seule l’action du déplacement nous intéresse ? D’ailleurs, le marché de la LLD (location longue durée) pour le secteur automobile est en nette progression depuis 2014. Cette idée de service offrira une alternative aux transports en commun qui n’existent bien souvent que dans les grandes métropoles et aux taxis.

Volant, compteur et pédalier rétractables, tableau de bord quasi inexistant la conduite s’efface lorsque le mode autonome est activé – via netcarshow

Le Renault Symbioz n’est pas une voiture, mais un salon roulant : un vrai petit nid douillet mobile

Une opération de navette autonome a d’ailleurs déjà été présentée lundi 2 octobre 2017 : le Rouen Normandy Autonomous Lab est la première tentative française de transport urbain d’humains à bord d’une voiture autonome, avec pour projet une mise en route du service pour le printemps 2018.

De Nouveaux Acteurs Industriels

Auparavant, les différents acteurs de l’industrie automobile n’étaient que des constructeurs de châssis et de moteur. Avec l’usage, de nouveaux besoins se sont fait sentir ce qui a engendré l’apparition d’équipementiers et de prestataires (Valeo et Bosh par exemple). C’est ce qui fait que l’on a des essuie-glaces, des freins, la climatisation, etc.

Qui dit véhicule autonome dit réseaux, logiciels, algorithmes, programmation, service virtuel, des notions que ne maîtrisent pas du tout les constructeurs automobiles. Afin de ne pas investir trop d’argent pour atteindre un niveau inférieur aux spécialistes du domaine, les groupes automobiles se sont associés à des géants de la High Tech comme le moteur de recherche chinois Baidu, Huawei, Apple, Google, Amazon, Ericsson, Orange, autant de noms qui nous parlent à nous, geeks, mais également au grand public puisqu’on les trouve sur le marché de grande consommation.

Ce graphique provient d’un livre blanc réalisé par la société GreyB.

Nous sommes clairement face à une révolution industrielle tant d’un point de vue hardware (le véhicule, les capteurs, les infrastructures) que software (logiciel de gestion, embarqué, de communication, etc.). Un marché juteux qui motive aussi bien les industriels que certains états qui comptent bien en profiter pour accélérer leur croissance.
La Chine, par exemple, avait annoncé en 2016 qu’elle investirait 13,5 milliards d’euros dans l’intelligence artificielle au cours des 3 prochaines années. Compte tenu des investissements de Huawei et Baidu dans le domaine, cette annonce semble tenue.

Baidu expérimente une BMW transformée en véhicule autonome

À ces entreprises spécialisées en réseaux et communication s’ajoutent d’autres entreprises dites “de services”, comme Lyft et Uber. Des entreprises qui misent sur ce nouveau marché, qui sont pressées de voir débarquer ces engins mobiles sans conducteur et dont l’apport dans le développement du véhicule autonome est double : ils contribuent au financement, mais aussi à la démocratisation des technologies auprès du grand public.

Essais d’une troupe de 4 véhicules autonomes par Uber.

Une démocratisation nécessaire pour deux raisons. Premièrement, car le véhicule autonome est une énigme juridique qu’il faut résoudre rapidement et deuxièmement, car le grand public, source principale de revenus futurs est pour le moment très fébrile quant à l’usage de tels véhicules.

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