Les Chroniques Techno SOSmonordi

Parce qu’on a tous le droit de se planter…

Le plantage d’entreprise, quand on est entrepreneur, on n’a pas le droit. Ou en tout cas, on le planque bien, parce que ça fait trop loser.

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Et puis depuis quelques temps, on assiste à une nouvelle tendance : l’échec assumé. Alors, loin de moi l’idée de vous faire « bad triper » en vous parlant d’échec alors que vous êtes en création/lancement/développement. Je trouve juste hyper important de s’inspirer de ce que les autres ont fait, de ce qu’ils ont pu traverser parce que certaines erreurs peuvent être évitées quand on les anticipe.

L’échec, on en parle ?

Entre la thérapie et le debriefing, cet étalage des erreurs, échecs, dépôts de bilans et autre gros mots d’entrepreneurs, a une valeur cathartique. Parce qu’on se plante tous à un moment donné. Parce que les plus grands entrepreneurs à succès ont aussi essuyé quelques échecs avant de dominer le monde. Et puis, de rencontrer d’autres personnes qui ont mal géré leur business, ça rassure forcément.

Depuis plus d’1 an, j’observe à droite et à gauche les initiatives d’entrepreneurs qui ont le cran d’assumer leurs échecs publiquement. La première lecture que j’ai faite à ce sujet est le « Post-mortem – naissance, vie et mort de ma startup — #fail » de Guilhem Bertholet. Il est aussi pour moi le plus complet. J’ai été super admirative de cet entrepreneur qui admettait ses échecs, mettait son ego de côté, avouait avoir perdu ami et argent, et décortiquait les raisons de son plantage. Au-delà d’être « rassurant », c’est surtout très instructif. Il retrace toute la création de sa start-up, en repartant de l’idée initiale, documents à l’appui. Il analyse aussi bien le côté purement stratégique de sa boîte, que le côté humain. Et ça, ça ouvre les yeux sur plein de choses.

Quelques semaines après, je découvre un article sur le blog de Sylvain Tillon, « [ECHEC] Legreener, récit d’un plantage #startup ». Sous la forme d’une interview, le créateur de Legreener revient rapidement sur les différentes étapes de la vie de sa start-up et pourquoi il a dû la fermer. On est purement dans l’aspect stratégique, mais l’aspect « changement en cours de route » pour s’adapter est bien retracé.

Et enfin, j’ai découvert le blog de Delphine Pinon, Start-up & Mayo, via son article sur son plantage « A 25 ans, j’ai monté ma boite, j’ai fermé ma boite et je me porte bien ». Encore plein d’humilité et une analyse progressive tout au long des articles de son « mauvais échec » (selon ses termes).

« Oui j’ai pêché par orgueil ! J’ai voulu griller les étapes qui mènent au succès et je me suis prise les pieds dans le tapis. »

L’échec, on le fête !

Quasiment au même moment, je découvre sur Courrier International, les Fuck up Nights au Mexique. Le principe ? « des soirées festives et branchées (…) où les créateurs de startups racontent leurs erreurs. » Puis finalement, Delphine Pinon, dont je parlais ci-dessus, propose avec Florian Lamache en mars 2014 une version française de ces Fuck up Nights.

Plus récemment, se tenait la FailCon. Importé par Roxanne Varza, le concept des conférences dédiées à l’échec vient des Etats-Unis et la toute première version s’est déroulée en février 2011.

« L’idée est d’inviter des entrepreneurs à témoigner de ce qui n’a pas marché pour eux : un financement manqué, un produit innovant qui tarde à se vendre, un process de rachat qui échoue, etc. Ils en parlent, et expliquent comment ils ont rebondi.(…) » (Roxanne Varza – Les Echos, Business)

Parce qu’au-delà de cette démystification de l’échec, de cette transparence de l’erreur, ce qui importe avant tout, c’est le rebond. Parce qu’on ne parle pas de ses échecs par pur masochisme, parce qu’on n’écoute pas les foirages des autres par pure méchanceté. Non, parce qu’avant tout, l’important c’est de repartir. Qu’importe votre direction (tiré du site, le Portail du Rebond) :

Rebondir (tiré du site "Le Portail du Rebond)

Pour vous aider, si vous venez de planter votre boîte, le Portail du Rebond « assiste les entrepreneurs à rebondir pendant ou après avoir connu des difficulté entrepreneuriales ». Selon votre profil, ce site vous orientera vers des contacts et solutions adaptés (accompagnement, expertise juridique, comptable, coaching, etc).

Même Néon en fait sa couv pour le mois de mai (quand je vous dis que c’est tendance…)

Couverture Neon Magazine Mai 2014

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